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Un lyonnais, précurseur de l'Aviation : Louis MOUILLARD

 

 

            Louis, Pierre, Marie, MOUILLARD naquit à Lyon 5ème arrondissement, 162 quai de Bondy (de nos jours, 26 quai de Bondy), le 30 octobre 1834,  dans une bonne famille bourgeoise. Son père, Jean Louis, originaire de Lons le Saulnier, était négociant en tissus, homme cultivé il portait une grande tendresse à ses six enfants auxquels il laissait une grande liberté et, sa mère Marguerite Antoinette Bourgay, d'une famille originaire d'Annonay (Ardèche). Louis MOUILLARD reçut une bonne éducation classique. A partir de dix ans, il fit ses études au Collège des Lazaristes dont il sortit à l'âge de dix sept ans. Excellent dessinateur, il s'inscrivit à l'Ecole des Beaux-Arts de Lyon le 31 octobre 1851, puis à Paris dans l'atelier d'Ingres à l'automne 1855. Il eut pour amis de jeunesse Ernest et Alphonse Daudet.

 

Louis MOUILLARD, un observateur né.

            La demeure familiale se situait Place Neuve des Carmes (de nos jours, approximativement au 12 rue Terme) à Lyon 1er arrondissement, quartier des Terreaux (au XIVème siècle, l'ordre religieux des Carmes édifia un domaine qui s'étendait de la rue Terme à la rue Flandrin et de la rue d'Algérie à la rue Sergent Blandan ; la place Neuve des Carmes se situait à la partie haute de la rue Terme actuelle).

            Vers l'âge de quinze ans, il s'intéressa avec une passion croissante aux oiseaux et aux mystères du vol. Son père lui facilita ses observations en lui achetant des oiseaux et en lui permettant de disposer du vaste grenier comme «volière expérimentale». Un jour, avec sa soeur Adèle, il confectionna une paire d'ailes en coutil maintenue par des baleines de corset. Il se prépara à s'élancer des hauts des tours de la basilique de Fourvière à Lyon. Le bedeau réussit à l'en empêcher à temps.

            Dans ce véritable laboratoire de recherche ornithologique, Louis MOUILLARD mesurait l'envergure des oiseaux morts dont il établissait la silhouette, calculait la surface en fonction de l'envergure, le poids réparti sur ces ailes par mètre carré. Dans ce grenier-volière, il y eut même un aigle vivant.

            L'année 1856, marqua un tournant dans l'existence paisible de Louis MOUILLARD.

 

1856 – Premier essai à Lyon.

«Un bâti léger, en perches souples et fortes de châtaigniers, ayant la forme du corps d'un oiseau. J'étais placé horizontalement, le torse supporté par une toile. Les jambes manoeuvraient des cordes qui passaient sur des poulies et faisaient mouvoir des ailes. Cet appareil n'a pas été fini. Il était mal conçu, les bois pliaient, les poulies coupaient les cordes, c'était une ébauche. J'étais trop influencé par les rameurs, c'était un mélange du planeur et du rameur. J'ai abandonné».

 

            Son père mourut en décembre 1856, à l'âge de 49 ans, laissant sa famille dans une situation difficile. Louis MOUILLARD quitta Lyon avec son frère Henri pour aller s'établir en Algérie comme fermier dans la Mitidja et s'occuper de la succursale familiale d'Alger.

 

            Près de dix années s'écoulèrent en Algérie durant lesquelles il continua ses réflexions.

 

1864-Deuxième essai en Algérie.

«Poussé beaucoup plus loin que le premier, un bâti de bois, remarquablement fait comme légèreté et puissance, recouvert d'une feuille de caoutchouc afin de pouvoir l'essayer sur l'eau. Cet essai était un progrès, il y avait bien toujours l'influence du rameur, mais par la position debout, j'attaquais sérieusement la question du déplacement du centre de gravité. Les articulations des ailes étaient bien pensées, cependant, j'avoue que c'était autant l'instinct qui m'avait poussé à les faire que le raisonnement. Essayé sur terre, l'appareil vit ses ailes, grandes, ne pouvoir résister aux effets de 'fléottement', les membrures cassèrent. Le fruit n'était pas exactement mûr».

 

1865-Troisième essai en Algérie.

«Deux ailes parfaitement réussies comme légèreté. Elles étaient construites en hampe de fleur de grand agave, bois très léger, fibreux et résistant n'existant pas en Europe. Etant  debout, muni de cet appareil, j'avais la charnière de devant à la hauteur du creux de l'estomac, les deux bras appuyant sur chaque planche et fixé par des courroies. Le transport du centre de gravité se faisait en me déplaçant à la force des bras. L'appareil pesait 15 kg. C'était trop léger. Les bois étaient un peu faibles. Sa surface n'était que de 12 m2».

 

            C'est à Ali-Baba, près d'Alger, que Louis MOUILLARD effectua son premier vol d'essai le 12 septembre 1865 : du haut d'un talus, il s'élança et réalisa un parcours aérien de 42 mètres en 15 secondes. L'arrivée sur terre fut un peu rude pour le pilote et la machine, dont une ramige se brisa. Le lendemain, nouvelle tentative, mais peu après l'envol une rafale de vent brisa les ailes qui se replièrent. Le pilote s'en tira avec une luxation de l'épaule.

 

            En 1866, la peste faisait son apparition, la situation de Louis MOUILLARD s'en ressentie pécuniairement. Il quitta l'Algérie à la recherche d'une nouvelle situation. Grâce à l'appui de son ami Alphonse Daudet, il fut nommé professeur de dessin à l'Ecole Polytechnique Militaire du Caire et complétait ses ressources par un emploi de caissier-comptable dans un magasin de nouveautés tenu au Caire par ses cousins Camoin. Il épousa une hollandaise de modeste condition, Kath van Toqui qui tenait un commerce de mercerie.

 

1878-1879 – Quatrième essai en Egypte.

Il est fasciné par le vautour Oricou. Les vautours prennent appui à la fois  sur les ascendances de l'air chaud et sur les sautes de vent. Ils évoluent en fouettant l'air de façon dissymétrique avec l'extrémité de leurs rémiges. Grâce au gauchissement de l'extrémité de ses ailes, le vautour peut tantôt prendre de la vitesse en allant avec le vent, tantôt effectuer une remontée en allant contre lui.

«10 mars 1878 : je vais le mettre en chantier. Je crains que ma mauvaise santé ne me permette de le mener à bien.

«août 1879 : une année et plus est passée et je n'ai rien pu produire. Je renonce. Je me rends. Voilà ce que je voulais faire : C'est le même appareil que le 3ème essai, mais perfectionné. Je remplace les planches renforcées qui faisaient fonction de bras, par une espèce d'échelle double. Ces planches étant trop légères, pliaient, n'avaient pas une tenue suffisante. Elles ont un angle plus prononcé que ne l'étaient les planches précédentes. Cela donne plus de base à l'appareil. Les points d'attache des ailes et de suspension du corps sont réunis, simplifiés et offrent plus de sécurité. Avec cet appareil plus rationnel, il est clair que si on porte rapidement les pointes en avant, et que le vent ait assez de force, on doit être enlevé».

 

            C'est à cette époque qu'apparurent les premiers symptômes d'une maladie qui paralysa graduellement et lentement tous ses membres. Cela n'empêcha pas de continuer ses observations. Avec la même acuité, il observait les attitudes des oiseaux, consignait toutes les informations concernant leurs mensurations, leurs poids, leurs contours...                                                                      


 

 

 

 

 

 

 

                                                                                 

 

           






 

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